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Conditions de recours d’un candidat aux capacités d’autres opérateurs

Passation des marchés
23 août 2017
Veille juridique

Tant la directive européenne 2014/24, en son article 63, que le décret marchés publics en son article 48-II permettent à un candidat de se prévaloir des capacités économique, financière et techniques d'autres opérateurs économiques, quelle que soit la nature juridique des liens qui l'unissent à ces opérateurs. La Cour de justice de l’Union européenne dans son arrêt du 4 mai 2017, aff. C-387/14, Esaprojekt, vient ici préciser les conditions de recours à la capacité d’autres entités de la part d’un candidat (mais au regard de l’article 48 de l’ancienne directive marchés publics, globalement identique à l’actuel dispositif juridique). Dans le cadre d’une procédure de passation d’un marché portant sur fourniture de systèmes informatiques à destination d’établissements hospitaliers polonais, la cour est saisie de sept questions préjudicielles, la plupart portant sur les conditions de recours aux capacités d’autres opérateurs économiques. Ses réponses sont les suivantes.

Sur les première à troisième questions préjudicielles : « l’article 51 de la directive 2004/18, lu en combinaison avec l’article 2 de cette directive, doit être interprété en ce sens qu’il s’oppose à ce que, après l’expiration du délai imparti pour le dépôt des candidatures à un marché public, un opérateur économique transmette au pouvoir adjudicateur, pour prouver qu’il remplit les conditions de participation à une procédure de marché public, des documents ne figurant pas dans son offre initiale, tels qu’un contrat exécuté par une entité tierce ainsi que l’engagement de cette dernière de mettre à la disposition de cet opérateur des capacités et des ressources nécessaires à l’exécution du marché en cause. »

Sur la quatrième question : « le principe d’égalité de traitement des opérateurs économiques figurant à l’article 2 de celle-ci, doit être interprété en ce sens qu’il ne permet pas à un opérateur économique de faire valoir les capacités d’une autre entité, au sens de l’article 48, paragraphe 3, de ladite directive, en additionnant les connaissances et l’expérience de deux entités, qui, individuellement, ne disposent pas des capacités demandées pour l’exécution d’un marché déterminé, dans le cas où le pouvoir adjudicateur considérerait que le marché concerné est indivisible, en ce sens qu’il doit être réalisé par un seul opérateur, et qu’une telle exclusion de la possibilité de faire valoir les expériences de plusieurs opérateurs économiques est liée et proportionnée à l’objet du marché en cause, lequel doit donc être réalisé par un seul opérateur. »

Sur la cinquième question : « le principe d’égalité de traitement des opérateurs économiques figurant à l’article 2 de celle-ci, doit être interprété en ce sens qu’il ne permet pas à un opérateur économique, qui participe individuellement à une procédure d’attribution d’un marché public, de faire valoir l’expérience d’un groupement d’entreprises, auquel il a pris part dans le cadre d’un autre marché public, s’il n’a pas effectivement et concrètement participé à la réalisation de ce dernier. »

Sur la sixième question : « l’exclusion d’un opérateur économique de la participation à un marché public notamment s’il s’est rendu ''gravement coupable'' de fausses déclarations en fournissant les renseignements demandés par le pouvoir adjudicateur, doit être interprété en ce sens qu’il peut être appliqué lorsque l’opérateur concerné s’est rendu responsable d’une négligence d’une certaine gravité, à savoir une négligence de nature à avoir une influence déterminante sur les décisions d’exclusion, de sélection ou d’attribution d’un marché public, et cela indépendamment de la constatation d’une faute intentionnelle dans le chef de cet opérateur. »

Sur la septième question : « le principe d’égalité de traitement des opérateurs économiques figurant à l’article 2 de celle-ci, doit être interprété en ce sens qu’il permet à un opérateur économique de faire valoir une expérience en invoquant simultanément deux ou plusieurs contrats comme un seul marché, à moins que le pouvoir adjudicateur n’ait exclu une telle possibilité en vertu d’exigences liées et proportionnées à l’objet et aux finalités du marché public concerné. »

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